La première image permanente naît d'un contact prolongé : une surface sensible, une lumière, plusieurs heures d'exposition. Une brûlure lente. Déjà, la photographie était une affaire de combustion.
Deux siècles plus tard, cette brûlure a changé d'échelle. La lumière est devenue excès. La chaleur, donnée physique de plus en plus présente. Ce que nous appelions révélation ressemble aujourd'hui à une consumation du vivant dans toutes ses formes, sur tous les territoires.
Face à cet excès, quelque chose résiste. Cette série, Combustions part d'un constat paradoxal : face à l'excès de lumière, le vivant se resserre. Fleurs contre peaux, corps qui cherchent le contact, animaux serrés les uns contre les autres, comme si la chaleur du monde rendait nécessaire, ou peut-être simplement inévitable, la chaleur des corps. Partout le même régime : ce qui consume, et ce qui malgré tout se tient ensemble.